
Après quatre éditions consécutives, le Gitex Africa Morocco entre dans une nouvelle phase : celle du bilan. L'Agence de développement du digital (ADD) s'apprête à confier à un consultant externe une mission destinée à mesurer, de façon structurée, les retombées réelles du salon depuis son lancement, tout en posant les bases de son évolution pour les prochaines éditions.
Organisé sous Haut Patronage Royal, le Gitex Africa Morocco s'est imposé en quatre ans comme l'un des principaux rendez-vous technologiques du continent, réunissant chaque année entreprises, startups, investisseurs et décideurs venus de plusieurs pays. Dès son lancement, l'événement s'était vu assigner des ambitions dépassant largement le cadre d'un simple salon : positionner le Maroc comme catalyseur du développement numérique en Afrique, en faire une destination privilégiée pour les investissements technologiques, et créer un pont entre les acteurs locaux de l'innovation et les grands noms internationaux du secteur.
C'est précisément cette ambition que l'ADD souhaite désormais confronter aux faits. La mission repose sur deux volets complémentaires. Le premier consiste à dresser une cartographie complète des ressources mobilisées pour organiser le salon depuis 2023 : moyens financiers, humains, logistiques et techniques engagés par l'ensemble des parties prenantes. Le second volet évalue, à partir de cette base, l'impact généré sur six dimensions : stratégique, économique, institutionnelle, écosystémique, technologique et médiatique.
Sur le plan économique, l'analyse portera notamment sur les dépenses des exposants et des visiteurs, les recettes générées par l'événement, les retombées pour les fournisseurs locaux ainsi que les effets sur l'emploi temporaire et permanent. Le volet écosystémique s'intéressera aux opportunités d'affaires nouées pendant ou après le salon, ainsi qu'aux levées de fonds et investissements qu'il a pu susciter. Le volet technologique mesurera l'adoption de solutions émergentes et les partenariats académiques ou industriels qui en ont découlé, tandis que le volet médiatique évaluera la couverture presse et la visibilité générée sur les réseaux sociaux.
Mais l'exercice ne se limite pas à produire des chiffres. L'ADD veut aussi s'en servir pour redéfinir la trajectoire du salon. Le consultant retenu devra identifier les forces et les limites du Gitex Africa Morocco, réaliser un benchmark avec des événements comparables à l'international, puis proposer plusieurs scénarios de repositionnement stratégique. Ces scénarios devront préciser les priorités et la proposition de valeur du salon pour ses prochaines éditions, accompagnés d'indicateurs permettant d'en suivre la performance dans la durée, jusqu'à l'élaboration d'une feuille de route opérationnelle.
Pour y parvenir, la méthodologie retenue se déploie en cinq phases : cadrage initial, modélisation de la démarche d'évaluation, collecte des données sur le terrain, analyse des informations recueillies, puis restitution finale. La phase de collecte prévoit notamment une vingtaine d'entretiens avec les acteurs concernés et une dizaine de focus groups, complétés par des questionnaires. La mission, confiée à une équipe pluridisciplinaire incluant un chef de projet senior, des consultants spécialisés en analyse économique et en organisation d'événements, doit s'étaler sur quatre mois.
Cette démarche d'évaluation intervient dans un contexte particulier pour le Gitex Africa Morocco. Le Royaume a en effet perdu l'exclusivité organisationnelle du Gitex sur le continent africain, Kaoun International, le dépositaire de la marque, ayant depuis étendu sa tenue à d'autres pays comme le Nigéria et l'Egypte. Dans ce contexte de concurrence accrue entre éditions africaines, la capacité de l'ADD à objectiver, chiffres à l'appui, la contribution réelle du salon à l'attractivité numérique du Maroc prend une dimension stratégique supplémentaire.
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