
Le phénomène est sans précédent. Les outils d'intelligence artificielle ont grimpé du sixième au troisième rang des recherches des enfants en seulement douze mois. ChatGPT, Gemini, DeepSeek, Claude, Microsoft Copilot, ces assistants IA que les adultes découvrent à peine, les jeunes les utilisent déjà comme des outils du quotidien.
« Les enfants intègrent désormais ces assistants dans leurs usages courants », souligne l'étude. Ce n'est pas de la gadgetomanie passagère. C'est un changement structurel de la façon dont une génération accède au savoir.
La communication devient la première activité sur Internet pour les enfants, avec 19,3 % des recherches. WhatsApp et Telegram explosent en popularité, tandis qu'Instagram, Pinterest et TikTok restent importants mais stabilisés.
Mais le chiffre qui saute vraiment aux yeux ? L'apprentissage en ligne entre pour la première fois dans le Top 5 des recherches. Duolingo, Google Classroom, GeoGebra, oui. Mais aussi Scratch et Python pour ceux qui rêvent de devenir développeurs. Certains suivent même en direct les missions spatiales de la NASA.
YouTube reste l'application la plus utilisée avec 29 % des usages. Mais regardez la répartition. 26,2 % du temps est consacré à la musique et aux clips. Les vidéos de créateurs (18 %), puis les films et séries (14,7 %). Les dessins animés du studio GLITCH, Cocomelon, My Story Animated cartonnent auprès des plus jeunes.
Le streaming vidéo ne disparaît pas – il se réinvente. Les enfants ne regardent plus passivement : ils regardent ce qui leur plaît, quand ils le veulent, entre deux sessions de chat sur WhatsApp et une session de travail sur leurs devoirs avec l'aide de l'IA.
Ce qui émerge, c'est une génération qui considère Internet comme un outil de création, d'apprentissage et de connexion, bien plus que de divertissement pur. Les jeux vidéo conservent une place solide (16 %), mais même là, les plateformes évoluent vers des mondes plus interactifs : Roblox plutôt que les jeux passifs.
« Cette évolution est encourageante, mais elle impose une vigilance accrue », prévient Anna Larkina, experte chez Kaspersky. Si les enfants développent de nouvelles compétences et adoptent rapidement l'IA, les parents doivent rester acteurs. L'IA, c'est puissant. Mais c'est aussi un territoire qui demande de l'accompagnement.
Pour les plateformes éducatives, les créateurs de contenu pédagogique et les éditeurs d'outils d'apprentissage, le message est clair : le marché des enfants se transforme radicalement. Ceux qui proposent de l'éducation interactive, des outils d'IA accessibles et ludiques, des expériences de création plutôt que de simple consommation, c'est vers eux que se tournent les jeunes.
Commentaires
Enregistrer un commentaire