
Le Maroc atteint son meilleur rang à ce jour dans l'Indice mondial de l'innovation. Selon l'édition 2026 publiée le 29 septembre à Genève par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), le Royaume se classe 54e sur 139 économies, avec un score de 32,8.
Cette position s'inscrit dans une progression de long terme : le Maroc était 92e en 2013, soit 38 places gagnées en treize ans. Il figure ainsi parmi les sept économies à revenu intermédiaire du top 70 ayant le plus progressé depuis 2013, aux côtés de la Chine, de l'Inde, du Vietnam, de la Turquie, des Philippines et de l'Indonésie. Le rapport cite également le Maroc et le Vietnam parmi les trajectoires récentes les plus dynamiques.
Le classement repose sur un écart entre les moyens mobilisés et les résultats obtenus : le Maroc est 76e pour les intrants et 46e pour les extrants, ce qui le place parmi les économies à revenu intermédiaire qui innovent au-dessus de leur niveau de développement. Il s'agit de la huitième fois qu'il figure dans cette catégorie (en 2015, puis à chaque édition de 2020 à 2026), et de la septième année consécutive en position de surperformance.
Le détail par piliers confirme cette asymétrie. Le Maroc est 70e en institutions, 81e en infrastructures, 82e en sophistication du marché, 85e en capital humain et recherche, et 97e en sophistication des entreprises. Il remonte à la 58e place en production de connaissances et de technologie, et à la 38e en production créative.
Ses points forts se concentrent dans les actifs immatériels : 5e mondial pour les dessins et modèles industriels, 8e pour l'intensité des actifs incorporels, 16e pour les marques et 16e pour la création d'applications mobiles. Sur le volet industriel, la fabrication de haute technologie ressort à la 28e place, la croissance de la productivité du travail à la 13e, la stabilité des politiques pour les affaires à la 22e, la dépense d'éducation à la 18e (6% du PIB) et les diplômés en sciences et ingénierie à la 23e.
Ces résultats permettent au Maroc de dominer l'Afrique du Nord, devant la Tunisie (71e), l'Égypte (83e) et l'Algérie (111e). À l'échelle du continent, il se classe deuxième derrière Maurice (50e) et devant l'Afrique du Sud (63e).
Le rapport identifie néanmoins plusieurs axes d'amélioration. La sophistication des entreprises reste le principal point faible (97e), suivie des liens d'innovation (86e) et de la collaboration université-industrie en R&D (84e). Le financement des start-up et scale-up apparaît aussi comme un maillon à renforcer, avec la 64e place pour le financement des start-up et scale-up, la 68e pour le capital-risque reçu et la 104e pour les investissements directs étrangers nets (1,2% du PIB). Les recommandations portent sur le renforcement des liens entre université et industrie, l'étoffement de la R&D des entreprises et un meilleur accès au financement pour les jeunes entreprises innovantes.
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